Le bras de fer entre Bruxelles et Washington au sujet des grandes plateformes technologiques prend une nouvelle dimension. Le gouvernement américain désire s'impliquer dans le recours déposé par X contre l'Union européenne.

Le réseau social dirigé par Elon Musk conteste une amende de 120 millions d'euros, prononcée en décembre 2025, liée au règlement sur les services numériques (DSA). Les résultats de cette procédure pourraient avoir des implications au-delà du cas spécifique de X, selon l'administration américaine.

Les recours ont été formalisés le 16 février 2026 par X Internet et X Holdings, ainsi qu'Elon Musk dans une démarche distincte, devant le Tribunal de l'Union européenne. Le réseau social conteste la décision de la Commission européenne. Dans ce cadre, les États-Unis souhaitent devenir partie intervenante, ce qui leur permettrait de consulter le dossier, de présenter des arguments juridiques et de participer éventuellement à une audience.

Brett Shumate, responsable de la division civile du ministère américain de la Justice, accuse la Commission européenne de dépasser ses prérogatives réglementaires. Il estime qu'une confirmation de la sanction pourrait avoir des répercussions sur d'autres entreprises, un point de vue partagé par l'administration américaine.

En décembre 2025, X a été sanctionné par la Commission européenne pour des violations du DSA, notamment en ce qui concerne la coche bleue, initialement réservée aux comptes authentifiés et devenue accessible via des abonnements payants.

En juillet, Bruxelles a donné son accord au plan d'action de X relatif à son registre publicitaire et à l'accès des chercheurs aux données. Malgré cela, X poursuit son recours pour obtenir l'annulation de la décision ou, à défaut, la réduction de l'amende.

Les relations entre les États-Unis et l'Europe sont déjà tendues concernant la réglementation numérique. Cette procédure survient dans un contexte de fortes tensions entre Washington et Bruxelles sur les règles appliquées aux plateformes numériques, l'administration américaine reprochant à Bruxelles d'imposer des contraintes excessives aux entreprises technologiques américaines. Des critiques virulentes avaient été émises à Washington suite à la sanction infligée à X.

Le gouvernement américain s'interroge également sur le fait que les enquêtes européennes aient ciblé Elon Musk et certaines de ses autres sociétés, même sans lien direct avec le réseau social.

Le tribunal devra d'abord décider s'il accepte l'intervention des États-Unis. Bien que la présence de Washington aux côtés de X ne garantisse pas un changement d'issue, elle offrirait au gouvernement américain une place officielle dans une affaire emblématique des tensions transatlantiques sur la régulation du numérique.