Le paysage audiovisuel français est en pleine mutation avec la cohabitation de la télévision traditionnelle, des plateformes de streaming et des réseaux vidéo. TF1, pour s'adapter à cette évolution, a établi un partenariat avec Netflix en juin 2026.

Selon Rodolphe Belmer, le PDG de TF1, les premiers résultats sont très encourageants. L'audience totale de TF1+ aurait augmenté d'environ 30 % depuis le lancement de cette collaboration. Toutefois, il met en garde contre la pression que YouTube exerce sur le marché publicitaire.

En s'abonnant à Netflix, les utilisateurs ont accès aux contenus de TF1+ sous une version financée par la publicité. Pour le groupe français, le gain de visibilité n'est qu'une partie de l'enjeu. Rodolphe Belmer estime que 14 millions de foyers sont abonnés à Netflix, un public qui consommait moins de programmes de TF1 que le reste des téléspectateurs. Cette présence sur Netflix permet donc à TF1 de toucher des audiences qui avaient délaissé la télévision traditionnelle.

De son côté, Netflix y trouve également un intérêt, car la plateforme peut tirer parti des marques françaises reconnues. Cela lui permet d'élargir son audience, avec des programmes tels que la prochaine saison de la Star Academy.

Le marché publicitaire est en tension, et le chiffre d'affaires publicitaire de TF1 pourrait connaître une baisse à deux chiffres cette année. Rodolphe Belmer souligne que YouTube accentue le déséquilibre, car la plateforme opère avec des règles plus flexibles, tandis que les chaînes françaises doivent respecter des normes strictes.

En outre, YouTube ne produit pas directement de nombreux contenus diffusés; ce sont des créateurs indépendants qui les réalisent. YouTube héberge ces vidéos et commercialise les espaces publicitaires, ce qui lui permet de proposer des tarifs plus compétitifs.

Belmer appelle donc à une révision des règles audiovisuelles en France. Il a adressé une lettre au Premier ministre Sébastien Lecornu au début de l'été pour aborder ce sujet, mais deux mois après, aucune réponse n'avait été reçue. Il demande notamment d'augmenter la publicité dans les programmes télévisés et d'assouplir certaines restrictions actuelles.

Il conteste également l'abattement de 66 % dont bénéficie YouTube sur la taxe CNC, ce qui pose des questions sur la contribution au financement de la création française. Des acteurs comme TF1, France Télévisions, M6, Netflix, HBO Max ou Prime Video sont déjà engagés dans cet effort.

Pour le dirigeant de TF1, la problématique dépasse la simple concurrence entre plateformes. Il estime que les règles établies à l'époque où la télévision linéaire dominait ne reflètent plus la réalité actuelle.